Potosi

Publié le par adsetsacados

A plus de 4000 metres d’altitude, dans le sud de la Bolivie, la ville de Potosi s’etale au pied du Cerro Rico ( la montagne riche ). Peu de monde connait Potosi et pourtant, ce fut une ville de tres grande influence sur l’Europe entre le 16 eme et le 19 eme siecle. Le Cerro Rico est la deuxieme mine d’argent au monde. Pendant la Conquista, les espagnols exploiterent le centre de cette montagne, deja connu des Incas pour ses richesses. Ensuite, apres l’independance, ce fut le tour du tiers superieur d’etre exploite, pour son argent, mais aussi son plomb et son etain. De nos jours, c’est le tiers inferieur de la montagne qui est exploite par environ 14 500 mineurs. L’Europe doit beaucoup a ces mines, elle recue 50 milliards de dollars en lingot d’argent entre 1545 et l’independance en 1825. Par exemple, cela servi a finance la construction de la basilique St Pierre de Rome, grace a la dime verse par Potosi. Nous sommes arrives a Potosi apres trois heures de bus en provenance de Sucre. Apres un trajet bien penible car confronte a l’absence complete de savoir vivre de bon nombre de boliviens… Le Perou etait bien plus chaleureux, sauf rares exceptions, les boliviens sont pas aimables, peu chaleureux et n’ont que tres peu d’education de savoir vivre en societe. ( bousculade, formule de politesse absente, jettent les ordures partout… ). Mais nous ne desesperons pas que quelques boliviens nous fassent changer d’opinion ! Nous avons pu enchainer des le lendemain la visite des mines. Ce n’est pas Eurodisney, meme si lors de la preparation materiel nous avons beaucoup ri. Il faut dire qu’avec le casque, les bottes, la lampe, et les cires, nous ressemblions a deux ravissantes petites taupes ! Mais l’euphorie est vite redescendue. Nous nous sommes arretes au marche des mineurs ou nous avons achetes des cadeaux aux mineurs ( paires de gants, bouteille de soda et feuille de coca ). Nous avons aussi achete de la dynamite !!! Bien effrayant car si le baton en lui meme, la meche et le nitrate d’amonium ne risquent pas de nous peter a la figure, le detonateur lui est une capsule de nitroglycerine, si on le fait tomber, on peut dire aurevoir a notre cher et tendre petit pied ! Par galanterie, Pierre laissa Mika se charger de transporter la bete ! Arrives aux mines, nous commencons a realiser ce que nous allons voir. Des mineurs tres jeunes ( 13 ans ) mais aussi des plus vieux ( 58 ans, mais lorsque l’on sait que l’esperance de vie bolivienne ne depasse pas 64 ans…). Nous partons avec un touriste equatorien et un ancien mineur converti en guide a la decouverte de cet effarant mode de vie. Les mineurs descendent dans les mines entre 7 a 24 heures. Pour tenir le coup de la fatigue, de la faim ils machent tous d’enormes chiques de feuilles de coca. Les mineurs ne sont pas exploites, ils sont leurs propres patrons, rassembles en cooperative. Ils decident donc eux memes combien de temps ils vont travailler. En general, ils travaillent du lundi au vendredi.Voici quelques chiffres pour une equipe de 4 mineurs travaillant une semaine de 5 jours : 40 tonnes de minerai brutes extrait, ce qui represente 900 euros de revenus. A cela il faut deduire 100 euros de materiel explosif, 100 euros pour les jeunes qui poussent les wagonnets afin de sortir le minerai de la mine, le cout de l’utilisation de l’air comprime pour les marteaux piqueurs, la cotisations a la cooperative, le transport du minerai… Il reste a chaque mineur 100 euros a la fin de la semaine, soit un salaire mensuel de 400 euros, soit 10 fois plus que le salaire mensuel moyen. On comprend mieux pourquoi autant de mineurs partent a l’attaque de la mine. Tres peu d’accidents dans les mines, car il n’y a pas de grisou ici, seul un gaz hautement mortel mais qui se forme dans les galeries a l’abandon. Les ecroulements ne presentent pas non plus une menace pour les mineurs car c’est une roche volcanique tres dure que les mineurs exploitent. Seul le manque d’experience a la manipulation des explosifs, est a l’origine des rares accidents. En revanche le travail dans la mine sur un plus long terme est responsable d’une mortalite precoce du a des pathologies pulmonaires occasione par les tonnes de poussieres respirees. Nous avons donc sillone dans la mine, qui n’est pas du tout equipee pour accueillir le touriste. Plusieurs passages perilleux sans la moindre securite et ou le moindre faux pas peut etre lourd de consequence. Nous decouvrons le travail du marteau piqueur. Pas le petit que l’on voit faire des petits bruits sur le trottoir ¡ Non, un marteu piqueur d’environ 1,50 metres, qui produit une poussiere qui empeche toute visibilite a plus de 50 cm, et qui produit un son assourdissant. Les mineurs l’utilisent par session de une heure, car il fonctionne a l’air comprime et que cela coute cher ( 10 euros l’heure d’air comprime ). Il sert a forre la roche pour la preparer aux explosifs. Ensuite, ils inserent le montage de dynamite et BOUM ! Il n’y a plus qu’a finir a la pioche et remplir des brouettes a la pelle. Nous nous y sommes essayes au peletage, sous terre, dans un environnement sature en poussiere, c’est extremement physique. Par des reseaux de puits, les brouettes sont deverses a differents etages, jusqu’a atteindre l’etage de sortie, ou des rails en bois demolis permettent l’evacuation, par trois hommes, de wagonnet metallique. Les wagonnets pleins font une tonne, et sont pousses sur des rails qui ne sont pas toujours paralleles ni de face avec le suivant ! Apres avoir chemines pendant environ deux heures dans les entrailles du Cerro Rico, a quatre pattes, au dessus de grands vides, sur des echelles en bois vetustes, nous avons retrouve la sortie et son air frais. Avant cela nous n’avons pas manque de rendre hommage a Tio, le dieu protecteur des mineurs, symbolisant la Pachamama, la fertilite et la force. Feuille de coca et cigarette suffiront a satisfaire cette statue de terre aux grandes cornes. Une sacre experience, inoubiable, qui nous fait bien relativiser maintenant sur nos propres conditions de travail. Des locaux propres, des fauteuils ergonomiques, un local pour le café du matin… quel decalage… Nous avons visite le lendemain le musee de La Moneda. Car c’est a Potosi que la courrone d’Espagne faisait frapper ses pieces de monnaie. Elles circulaient en Espagne et en Amerique Latine sous la meme valeur. Maintenant, c’est la France qui produit les billets boliviens ( et entre nous, on leur vend vraiment de la merde, a la vue de l’etat des billets ! ) Une belle escale, mais la route avance sans cesse et nous voila maintenat a Tupiza, apres une nouvelle nuit de bus. Demain, c’est le sud Lipez et le Salar d’Uyuni qui s’offrent a nous, grace a un circuit de 4 jours en 4 x 4 au milieu de paysage qui s’annoncent grandioses.
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